Même si au milieu d'eux, t'es peu, sans tes frères terriens, t'es rien.. !

On vient tous de quelque lieu, mais on est de nulle part. Car depuis que l'homme marche, il en a perdu le fil, il n'en a plus traces, comme un navire son sillage. Le vent et la pluie ont effacé l'empreinte de ses pas. Et ce n'est que lorsqu'il s'arrête qu'il se croit arrivé, qu'il se sent chez lui. Mais d'autres viendront derrière lui, l'obligeant à reprendre la route.

 

Pour ceux qui l'auraient oublié, on reste des migrants potentiels, jamais assurés de ne plus avoir à le redevenir un jour…

La misère a chassé les miens des terres andalouses il y a bientôt deux cents ans - comme bien d'autres, ailleurs et de tout temps - pour l'Afrique du Nord, eldorado éphémère. La guerre les a expatriés de nouveau, comme ailleurs et de tout temps. Ils ont laissé là-bas leurs fraîches racines pour retraverser notre Méditerranée et venir s'implanter dans un coin de par ici, que d'autres peut-être, auparavant, avaient dû quitter, protestants, cathares, crève-la-faim, déserteurs, repris de justice ou aventuriers…

 

ADIOS est une manière de rendre hommage aux miens, de prolonger le souvenir de leur destin presque clandestin, anonyme, tout en reprenant le modeste flambeau de leur mémoire. Je leur dois au moins ça, d'être. 

 

 

Mais ADIOS est plus que ça. Car en espagnol, ce n'est pas qu'un mot d'adieu définitif, une rupture, un départ. Selon le ton sur lequel c'est dit, selon le contexte, c'est aussi un salut amical, qui ne ferme aucunement la porte, qui n'exclut pas une prochaine rencontre, qui la prévoit même. C'est un adieu qui nous rapproche, un au-revoir…

Comme un déracinement ne fait pas mourir la plante si elle retrouve une terre nourricière, pour un nouveau départ, une renaissance.

 

Enfin, ADIOS est peut-être aussi un clin d'oeil discret, un jeu-de-mots en filigrane, un « clin d'ieu », « qu'on plisse », d'un pèlerin de la Terre qui croit en des horizons plus lointains que celle-ci…

Et si pour nous, l'espace et le temps ont leurs limites, le coeur n'a que celles qu'il veut bien s'imposer.

 

Georges ALIAS

 

NB : Toutes les petites (?) imperfections musicales de la 1ère partie ne sont pas dues à l'inattention de "mon" ingénieur du son, à savoir Eric Fourcadet, mais à mes limites personnelles ou à ma négligence à les corriger.. J'en profite pour saluer sa compétence, ses conseils avisés, et sa patience..

Quant au site, je veux remercier Ludmilla Gaboriau pour la qualité du résultat.



''Côté Cailloux", c'est mon recto. Ce sont des chansons composées sans faire exprès, au hasard d'une inspiration tardive et inattendue, à la suite d'une rencontre avec un piano. Ce ''Côté Cailloux'' regroupe 60 chansons, accompagnées au CLAVIER.

"Côté Nuages", c'est mon verso, où s'égrainent (ou s'égrènent) 72 chants composés pour GUITARE, plus anciens et à la finition plus soignée, et dont j'ai recopié impunément les paroles, sans avoir à payer de droits d'auteur. Il faut dire qu'il est mort. Enfin presque…