Même si au milieu d'eux, t'es peu, sans tes frères terriens, t'es rien.. !

On vient tous de quelque lieu, mais on est de nulle part. Car depuis que l'homme marche, il en a perdu le fil, il n'en a plus traces, comme un navire son sillage. Le vent et la pluie ont effacé l'empreinte de ses pas. Et ce n'est que lorsqu'il s'arrête qu'il se croit arrivé, qu'il se sent chez lui. Mais d'autres viendront derrière lui, l'obligeant à reprendre la route.

 

Pour ceux qui l'auraient oublié, on reste des migrants potentiels, jamais assurés de ne plus avoir à le redevenir un jour…

La misère a chassé les miens des terres andalouses il y a bientôt deux cents ans - comme bien d'autres, ailleurs et de tout temps - pour l'Afrique du Nord, eldorado éphémère. La guerre, autre pourvoyeuse de migrants, en dehors de la religion, les a expatriés de nouveau. Ils ont laissé là-bas leurs fraîches racines pour retraverser notre Méditerranée et venir s'implanter dans un coin de ce "chez nous" que d'autres peut-être auparavant avaient dû quitter, protestants, cathares, crève-la-faim, déserteurs, repris de justice ou aventuriers…

 

ADIOSADIOS est une manière de rendre hommage aux miens, de prolonger le souvenir de leur destin presque clandestin, anonyme, tout en reprenant le modeste flambeau de leur mémoire. Je leur dois au moins ça, d'être. 

 

Mais ADIOSADIOS est plus que ça. Car en espagnol, de même qu'en français, Adios n'est pas qu'un mot d'adieu définitif, une rupture, un départ. Selon le ton sur lequel c'est dit, selon le contexte, c'est aussi un salut amical, qui ne ferme aucunement la porte, qui n'exclut pas une prochaine rencontre, qui la prévoit même. C'est un adieu qui nous rapproche, un au-revoir…

Comme un déracinement ne fait pas mourir la plante si elle retrouve une terre nourricière, pour un nouveau départ, une renaissance.

 

 

Enfin, ADIOS, notre "Adieu", est peut-être aussi un clin d'oeil discret, un jeu-de-mots en filigrane, un « clin d'ieu », « qu'on-plisse », d'un pèlerin de la Terre qui croit en des horizons plus lointains que celle-ci…

Et si pour nous l'espace et le temps ont leurs limites, le coeur n'a que celles qu'il veut bien s'imposer.

 

Edouard G. PEREZ AYELA

 

 

Remarques : 

Les imperfections et approximations nombreuses de ces enregistrements, qu'elles concernent la partie instrumentale ou vocale, et malgré les efforts d'Eric Fourcadet, mon ingénieur du son et ami, ne sont dues qu'à mes limites, n'étant moi-même ni musicien ni chanteur.

J'en profite pour le remercier chaleureusement. Sans lui, cette première partie du projet, VOYAGES, n'aurait pas vu le jour.

 

Je rends hommage également à Daniel Vissières, l'ingénieur du son pour la 2ème partie, NUAGES, disparu prématurément, et qui fait partie de ces gens qu'on découvre trop tard.

 

Enfin, une 3ème partie, FLANERIES,  éclaboussures de pensées qui vous traversent l'esprit mais qui ne sont que pâquerettes, en attendant que votre sens critique ne vienne jouer les tondeuses...

 

 Quant au site, je veux remercier Ludmilla Gaboriau

de COM'ici pour la qualité du résultat.

 06 33 68 90 84

 contact@com-ici.net 

 

 

Mes chansons "VOYAGES " sont aussi sur YouTube.

 



Côté Voyages

''Voyages", c'est mon recto. Ce sont des chansons composées sans faire exprès, au hasard d'une inspiration tardive et inattendue suite à une rencontre avec un piano. Il regroupe 72 chansons, accompagnées au CLAVIER.

"Nuages", c'est mon verso, où s'égrainent (ou s'égrènent) 72 chants également, composés pour GUITARE, plus anciens, et dont j'ai recopié impunément les paroles quelque part, sans avoir à payer de droits d'auteur. Il faut dire qu'il est mort. Enfin presque…